C’est dès maintenant que le ministre doit adresser des messages clairs et ambitieux pour les ressources, l’accessibilité tout handicap, la construction d’une société réellement inclusive, l’accompagnement des proches aidants, ou encore une véritable prise en considération du rôle fondamental des professionnels du médico-social.
Tout reste à faire dans ce second mandat qui ne fait que débuter, et même si ce premier Gouvernement pourrait connaître des modifications en fonction des résultats des élections législatives prochaines,l’APAJH appelle à des engagements forts dès aujourd’hui pour le handicap.
C’est ce qui paraît avoir été réalisé d’ores et déjà par le ministre, lors de la passation de pouvoir. Dans sa première prise de parole lors de la passation de pouvoir, le ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a annoncé vouloir être « le ministre des plus fragiles ». Il a également rappelé l’enjeu de « fédérer, de rassembler, de réparer un certain nombre de fractures françaises ».
Dont acte ! Nombre de fractures sont à réparer rapidement et ne sauraient souffrir de paroles qui n’engagent pas, simples effets d’annonces lors d’un rendez-vous politique et de communication, sans conséquences par la suite.
Un ministère de plein exercice, une opportunité à saisir !
La création d’un ministère des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, de plein exercice, est un signal fort et une opportunité de réduire lesdites fractures en levant les blocages et incompréhensions comme cela fut le cas pour le refus de déconjugalisation de l’Allocation Adultes Handicapée (AAH). La question des ressources et du pouvoir d’achat des personnes en situation de handicap est majeure, et elle fait écho à ce qui fut la première préoccupation des Français lors de l’élection présidentielle.
Le périmètre étendu du ministère est aussi une opportunité de se saisir de chantiers essentiels. La 5e branche Autonomie doit être une priorité et doit être construite quel que soit l’âge de la personne, au-delà d’une “Loi Grand âge” pour qu’enfin les personnes en situation de handicap et les personnes qui avancent en âge aient les mêmes droits, quel que soit le territoire où ils se trouvent, dans le respect de leurs choix de vie, et dans leur conquête, leur maintien ou leur perte d’autonomie.
L’opportunité réside aussi dans une compréhension plus large du médico-social et des professionnels qui accompagnent au quotidien les enfants, adolescents et adultes en situation de handicap, ainsi que leurs familles, les proches aidants.
La Fédération APAJH, avec l’ensemble des fédérations d’employeurs, reste engagée plus que jamais pour une juste reconnaissance de tous les professionnels du secteur social et médico-social. Les arbitrages de revalorisations salariales des dernières semaines ignorent l’exigence d’un accompagnement pluridisciplinaire pour garantir un accompagnement mettant au cœur le pouvoir d’agir des personnes en situation de handicap. Cette revalorisation pour tous doit être couplée d’une stratégie pour l’attractivité des métiers en lien avec les parties prenantes.
Cependant, le Ministère des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées ne doit pas empêcher une stratégie globale gouvernementale du Handicap : c’est l’ensemble du Gouvernement qui doit être mobilisé sur l’enjeu d’une société inclusive, en anticipant les besoins des personnes en situation de handicap dans l’ensemble des décisions prises et sur la totalité des territoires.