En Haute-Marne, l’APAJH a participé fin septembre aux Journées de rencontre sur la bientraitance, organisées par la communauté professionnelle territoriale de santé du centre Haute-Marne. Parmi les intervenants, Laëticia Lemoult, directrice adjointe de la plateforme Adultes APAJH, a pris la parole lors d’une table-ronde. En charge du Service Mandataire Judiciaire à la Protection des Majeurs (SMJPM), du dispositif d’appui et de soutien à l’accompagnement des situations complexes (DASA) et de l’habitat inclusif à Chaumont, elle a notamment parlé du groupe de travail « Autodétermination » mais aussi du lien entre autodétermination et protection des majeurs.
Vous êtes intervenue lors d’une table-ronde sur la bientraitance et l’autodétermination lors des Journées de la bientraitance de Chaumont. En quoi est-ce important de participer à ce type d’événement ?
Ces Journées de la bientraitance étaient organisées par les Communautés professionnelles territoriales de Santé (CPTS), qui agissent en matière de soin et de santé sur le territoire. Pour nos structures, l’accompagnement à la santé est très important, notamment sur le DASA, avec des situations complexes et des ruptures de parcours de santé.
Concernant le Service mandataire, c’est aussi une problématique souvent repéré chez les majeurs protégés. Et bien sûr, la bientraitance est une thématique qui nous préoccupe au quotidien.
Des personnalités politiques de Chaumont, des grandes associations et le grand public assistent à ces journées. Cela nous a donc permis de mettre en lumière la Fédération APAJH et nos actions. Cela montre une ouverture vers l’extérieur et permet de faire connaître nos dispositifs, notre positionnement sur l’autodétermination. Et aussi de présenter concrètement nos actions pour l’autodétermination : comment nous communiquons, quelles pratiques sont mises en place, quels questionnements sur nos postures, etc. On réfléchit et on agit aussi, avec des formations par exemple.
Sur quoi portez votre intervention ?
Le sujet était l’autodétermination. L’intervention s’est faite en deux temps : un premier avec une présentation de notre groupe de travail sur l’autodétermination. Nous avons mis en place un comité technique composé à parts égales de professionnels et de personnes accompagnées, sur la base du volontariat. Nous menons une réflexion ensemble avec comme objectifs de mettre en place des actions pour promouvoir l’autodétermination. A partir des outils de la Fédération, nous avons réfléchi à notre définition concrète de l’autodétermination.
Pour la deuxième partie de l’intervention, deux mandataires judiciaires m’ont rejoint pour parler de la question de l’autodétermination et des majeurs protégés. Le but était de répondre à la question : Comment promouvoir l’autodétermination dans le cadre de ce mandat civil ? Ils ont expliqué comment ils essayaient de favoriser l’autodétermination des majeurs, notamment autour de l’information par rapport à leurs droits individuels. Ils ont aussi expliqué comment travailler autour de cette mesure de protection et comment favoriser l’adhésion.
Quels retours avez-vous eu des auditeurs ?
C’était aussi très important qu’un service de mandataire judiciaire à la protection des majeurs intervienne car c’est très rare. Cela a permis d’apporter une connaissance du dispositif et de rappeler que le mandataire ne prend pas de décisions unilatérales, qu’il agit en faveur de l’autodétermination des personnes. Nous avons eu plusieurs questions sur les mesures de protection avec mandataire mais aussi sur la posture du mandataire, particulièrement au niveau de la santé. C’était très intéressant !
Nous avons eu des retours immédiats de partenaires qui connaissent l’APJH mais qui ne savaient pas que nous travaillions à ce point sur l’autodétermination. Ils nous ont dit que notre intervention leur avait donné des idées pour inclure davantage les personnes accompagnées dans les instances de participation.