Pour 8 femmes sur 10, les attitudes et décisions sexistes sont régulières au travail (Sexiste ordinaire au travail – voir baromètre StOpe 2023). Pour autant, le sentiment « qu’on ne peut plus rien dire, plus rien faire » reste très répandu.
Les manifestations du sexisme au travail sont multiformes, elles peuvent être ressenties de façon différente par les personnes qui en sont victimes et peuvent avoir des répercussions sur la vie professionnelle des personnes. Les hommes aussi peuvent en être victimes. Nous sommes toutes et tous concernés.
Ce qu’on appelle le « sexisme ordinaire » fait l’objet d’une disposition spécifique dans le code du travail portant sur l’interdiction de « tout agissement sexiste », à l’occasion de la loi du 17 août 2015 relative au dialogue social et à l’emploi. La loi du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels a renforcé ces dispositions.
Ce que dit le Code du Travail
L’article L. 1142-2-1 du Code du travail est ainsi libellé :
« Nul ne doit subir d’agissement sexiste, défini comme tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ».
Sexisme pas notre genre – Télécharger le kit pour agir contre le sexisme
Quelques exemples (non exhaustifs)
Critiquer une femme parce qu’elle n’est pas «féminine», ou un homme parce qu’il n’est pas «viril» peut caractériser l’agissement sexiste :
« Tu pourrais au moins mettre un décolleté pour ce rendez-vous important » ; « Allez Jean, agis en homme pour une fois et pas comme une fillette ».
Faire des commentaires humiliants ou désobligeants, proférer des menaces ou tout autre comportement verbal ou physique fondés sur le sexe de la personne :
Au sein de l’espace de travail partagé, être obligé (e) d’écouter les blagues sexistes entre collègues à longueur de journée.
Avoir une conduite verbale ou une posture corporelle qui montre de l’hostilité envers une personne en raison de son sexe ; ne pas prendre les compétences des personnes en raison de leur au sérieux et les humilier :
Affirmer qu’un directeur d’hôpital ne puisse être une femme, ou qu’une femme sera plus « douce » en tant qu’infirmière.
Bref, il y a du chemin à faire toutes et tous ensemble pour permettre un espace de travail véritablement apaisé, propice à la collaboration et à la diversité des approches, femmes et hommes.
Quizz
Comment qualifieriez-vous cette situation ?
De l’humour, des paroles déplacées, un agissement sexiste, du harcèlement sexuel ?
Les faits isolés correspondent à un agissement sexiste.
Cependant, la phrase prononcée par l’auteur « à chaque fois elle rougit, j’adore », ainsi que les commentaires en fin de vidéo laissent entendre que ces agissements sont répétés. Ils peuvent alors caractériser la situation de harcèlement sexuel.
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